
1 – 25 avril 1841: Fin du sultanat
Affaibli par des luttes incessantes entre les sultanats en place dans l’archipel des Comores, le sultan de Mayotte, vend l’île aux Français en contrepartie d’une indemnité de mille piastres.
2 – 9 décembre 1846: Abolition de l’esclavage
L’esclavage est aboli à Mayotte, sous le règne de Louis-Philippe, avant que le décret de Schoelcher ne soit adopté par le gouvernement français en 1848 mettant fin à l’esclavage en France.
3 – 1886-1892: « Mayotte et dépendances »
D’abord placé sous protectorat du gouvernement français de Madagascar en 1886, l’ensemble de l’archipel devient six ans plus tard colonie française. La nouvelle entité s’appelle « Mayotte et dépendances » qui inclut outre Mayotte, trois autres îles: Mohéli, Anjouan et Grande-Comore.
4 – 1946: Vers un nouveau statut administratif
Les Comores changent de nouveau de statut et deviennent territoire d’outre-mer (TOM). Djaoudzi (à Mayotte) demeure le chef-lieu.
5 – 1958-1967: Revendications indépendantistes
Sur décision de l’Assemblée territoriale, le chef-lieu du TOM est transféré à Moroni (Grande-Comore), au grand désespoir des Mahorais. L’organisation du mouvement populaire mahorais, fondée en 1967, prend ses distances par rapport aux revendications indépendantistes qui s’élèvent un peu partout dans l’archipel, dans la foulée du mouvement de décolonisation. Elle réclame la rupture de Mayotte avec Moroni et son rattachement à la France.
6 – 1974-1976: Une double sécession
Le 22 décembre 1974, se tient la première consultation d’autodétermination. Les Mahorais votent à 63% contre l’indépendance, alors que les autres Comoriens votent à 99% pour la souveraineté de l’archipel. Proclamation unilatérale de l’indépendance par Moroni le 06 juillet 1975. Les élus de Mayotte refusent la sécession et réaffirment l’intégration de leur île dans la République française. La France reconnaît pour sa part l’indépendance des trois autres îles comoriennes, faisant fi de la dénonciation par les Nations unies de la violation des frontières issues de la colonisation. L’ONU réaffirme par sa résolution 3385 du 12 novembre 1975 « la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité de l’archipel des Comores ». 99,4% des électeurs mahorais s’expriment lors d’un nouveau référendum d’autodétermination en faveur de leur maintien au sein de la République française.
7 – 1995: Le « Visa Balladur »
Instauration du « visa Balladur » en référence au Premier ministre français Edouard Balladur sous l’égide duquel cette procédure de visas a été mise en place. La mesure saluée par les Mahorais et critiquée par les Comoriens, supprime la liberté de circulation entre Mayotte et le reste de l’archipel. Comme l’obtention du visa est difficile, les Comoriens entrent clandestinement dans l’archipel français, à bord des embarcations de fortune désignées sous le nom de kwassa-kwassa. Celles-ci font régulièrement naufrage, transformant l’océan Indien en un vaste cimetière marin. Selon un rapport du Sénat, entre 7 000 et 10 000 personnes sont mortes noyées en tentant de traverser le bras de mer qui sépare l’île comorienne la plus proche de Mayotte.
8 – 31 mars 2011: Départementalisation
Suite au vote des Mahorais qui se prononcent le 29 mars 2009 pour la départementalisation de leur île, Mayotte devient officiellement le 101e département et 5e département d’outre-mer (DOM) de la République française. Les 4 autres DOM sont la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion.
Source RFI